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Informations sur l'épidémie COVID-19

LETTRE D’INFORMATION COVID-19 #43 DU 18 AVRIL 2021

1. La situation à l’APHP : nous avons dépassé la 1ere vague

Le nombre de patients pris en charge en réanimation ou unité de soins continus dans les hôpitaux de l’APHP a dépassé le nombre de patients pris en charge au cours de la première vague.

Le 14 avril 2021, en Île-de-France 1 717 patients étaient hospitalisés en réanimation dont 660 à l’AP-HP et 3 760 patients étaient hospitalisés en hospitalisation complète dont 1 217 à l’AP-HP.

Les admissions restent en hausse, poussant les autorités de santé à prendre des mesures pour augmenter la capacité en lit de réanimation. Ainsi la cantine du personnel de la Pitié Salpêtrière a été transformée en salle commune de soins continus permettant d’accueillir 40 patients.


2. Le seuil des 100 000 décès a été atteint cette semaine en France…

….et 3 millions de décès dans le monde. L’épidémie continue de gagner du terrain, et nous faisons partie des pays les plus atteints actuellement, avec le Brésil et l’Inde. L’épidémie a fait 1 million de morts en 1 an, et 2 millions de morts ces 6 derniers mois, illustrant à la fois la catastrophe humanitaire globale, et le combat qu’il reste à parcourir à l’échelle mondiale. De plus, ces chiffres ne recensent pas les dégâts économiques considérables, et les victimes collatérales par manque de soins médicaux, repoussés pour raison de saturation hospitalière.

La politique du « dépister sans isoler » et « vacciner sans imposer » n’a pas permis de ralentir l’épidémie, et nous plonge dans une 3ème vague qui perdure et éloigne les perspectives d’un retour rapide à la vie normale en France.


3. Variant Brésilien : Variant des jeunes

Il y a actuellement deux variants brésiliens du sarscov2, nommés P1 et P2. Le variant brésilien P1 a provoqué en décembre 2020 une flambée épidémique à Manaus, la capitale de l'état brésilien d'Amazonas. Le variant P2 aurait lui été détecté dans l'état de Rio de Janeiro. Ces deux variants P1 et P2 sont proches et issus d'un autre variant B.1.128 qui circulerait au Brésil depuis février 2020.

Les médecins Brésiliens voient de plus en plus de jeunes patients de moins de 40 ans admis dans les services de réanimation : selon les données nationales, un patient sur 2 atteint du variant P1 aurait moins de 40 ans. Cette souche plus contagieuse, touche les personnes plus jeunes et sans comorbidités préexistantes.

En France, c'est le variant P1 qui circule (0.5 % des contaminations) et qui a été classé par les autorités sanitaires comme "préoccupant" au même titre que le variant anglais et le variant sud-africain. Sans une vraie politique de quarantaine surveillée aux frontières, nous restons exposés à une nouvelle vague brésilienne et sud-africaine.  

4. Le point sur les traitements

Les corticoïdes sont pour le moment les seuls médicaments qui ont prouvé une efficacité dans les formes sévères à graves, sur la mortalité et la durée d’hospitalisation.

Les données sur les anticorps monoclonaux ne montrent pour le moment que des résultats mitigés, mais la recherche se poursuit dans cette voie.

L’ivermectine, dont on entend souvent la promotion par « les anciens de l’hydroxychloroquine », n’a pas d’efficacité prouvée (voir publication ci-bas), il ne faut donc pas y recourir (sauf si on a une parasitose intestinale !)

https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2777389?guestAccessKey=db6e3104-093e-4bef-aac5-9df71293799a&utm_source=twitter&utm_medium=social_jama&utm_term=4726615486&utm_campaign=article_alert&linkId=116086931

5. La vaccination en France : on attend toujours le boom vaccinal

Car c’est la seule issue pour sortir de la crise : avec une couverture vaccinale suffisante, Israel est passé de 5000 contaminations par jour en janvier 2021 à moins de 300 par jour actuellement.

Pour le moment, le boom vaccinal n’a pas lieu en France. Environ 300 000 doses sont injectées chaque jour de semaine, un peu moins de 70 000 les jours de weekends. Le virus lui ne prend pas de week-end ! A l’inverse d’autres pays qui ont faits des efforts considérables pour vacciner pendant les week-ends voire la nuit, nous suivons un programme dans les « heures d’ouverture ». Nous stagnons sous la barre des 20 % (17.4 % avec une dose, 6.3 % avec 2 doses). Il faudra attendre 1 an avant d’avoir une couverture vaccinale suffisante à ce rythme… https://covidtracker.fr/vaccintracker/

6. Discussion sur les effets secondaires de vaccins

L’ANSM (agence du médicament) vient de rendre son rapport sur la tolérance des vaccins en France.

Plus de 11 770 000 injections ont été réalisées au total au 01/04/2021

Plus de 8 513 000 injections avec COMIRNATY (BioNTech-Pfizer) ; Plus de 801 000 injections avec COVID-19 VACCINE Moderna ; Plus de 2 454 000 injections avec COVID-19 VACCINE AstraZeneca.

23 551 cas déclarés soit 0.2% tout compris. Quelques thrombopénies, zona, hypertension, troubles du rythme cardiaque ave le vaccin Pfizer, dont la causalité est toujours difficile à établir. En ce qui concerne les thromboses avec le vaccin AstraZeneca, il a été déclaré 12 cas de thromboses des grosses veines atypiques par leur localisation (cérébrale en majorité, mais également splanchnique) pouvant être associées à une thrombopénie ou des troubles de la coagulation. Ces cas, sont survenus majoritairement chez des femmes jeunes dans un délai médian de 10 jours après la vaccination. Ceci représente un risque de 0.00048%. Même taux qu’au Canada où ce risque a été mis en perspective avec d’autres risques de thromboses ou le risque d’hospitalisation pour COVID. Les femmes jeunes ne sont plus éligibles au vaccin AstraZeneca.


L’ANSM recommande que toute personne présentant des effets indésirables persistants au-delà de 3 jours de type vertiges, maux de tête, troubles visuels, nausées/vomissements, essoufflement, douleurs aiguës dans la poitrine, l'abdomen ou les extrémités ou qui présente des ecchymoses cutanées (pétéchies) au-delà du site de vaccination, aille consulter rapidement un médecin. Les professionnels de santé doivent être attentifs aux signes et symptômes évocateurs de thromboembolie associée ou non à une thrombopénie chez les personnes vaccinées par le vaccin AstraZeneca, afin de réaliser les examens biologiques et d’imagerie adéquats pour une prise en charge précoce de ces personnes.

7. Restons mobilisés et solidaires.

Les temps sont durs et les bonnes nouvelles sont rares.
Continuons à donner l’exemple, pour les gestes barrières comme pour la vaccination. Cet effort collectif et solidaire portera ses fruits !

8. Un geste pour les « travailleurs essentiels ».

En Avril l’année dernière, lors de la première vague, Parole & Réaction s’était investie pour le logement du personnel soignant. Le Groupe IHG (Intercontinental Hotel Group) avait répondu présent pour accueillir du personnel soignant de province, venant en aide à leurs collègues parisiens.

Aujourd’hui IHG propose un programme « From the Heart » pour dire merci aux travailleurs essentiels et leurs permettre de prendre un peu de repos à des conditions privilégiées. Découvrez ces conditions spéciales sur : https://www.ihg.com/content/fr/fr/deals/hotel-offers/thank-you


« Il faut accepter les déceptions passagères, mais conserver l'espoir pour l'éternité. » Martin Luther King

Retrouvez ces lettres et beaucoup plus sur notre nouveau site. www.action-groupe.org.
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Pr Montalescot et l’équipe de Cardiologie


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